Debrief aventure Sainthomas

[toc]

Les raisons qui m’ont conduit à arrêter Sainthomas :

Exit la foi

Tout d’abord j’ai cessé d’avoir la foi, de croire en Sainthomas et le crowd-testing tel qu’on l’avait imaginé. A partir de là, tout dégringole, et il devient difficile de poursuivre l’aventure.

Le coeur de cible produit

  • Je n’ai pas spécialement envie que Sainthomas devienne soit le saint lieu des discussions entre technophiles. A vrai dire je me fiche éperduement des technophiles qui ont déjà à leur disposition des centaines de blogs, de webzines, de forums
  • Je n’aime pas l’opportunisme : les objets connectés c’est hype, ca fait le buzz, surfons sur la vague. C’est trop marketing vendeur de rêves tendances.
  • Je n’aime pas faire croire aux gens que les objets connectés c’est formidable. Prendre les gens pour plus cons qu’il ne sont me gêne.
  • Les objets connectés c’est jamais que des objets classiques (qu’on a déjà acheté), avec une carte réseau dans le cul (et que le saint Marketer nous persuade de racheter)
  • Je ne crois pas aux objets connectés qui restent à 95% des gadgets
  • Je crois beaucoup plus aux objets intelligents mais c’est 5% du marché tout au plus
  • Je n’ai pas envie d’alimenter l’adage : « c’est nouveau donc c’est forcément bien »
  • Je crois également beaucoup à l’IoT santé /médical / service à la personne. La valeur humaine.

La viabilité du Business

  • Le coût d’acquisition d’un client ne sera jamais absorbé par le coût de la prestation
  • Il faudrait aller à la chasse effrénée aux clients pour générer de revenus substanciels.
  • Notre business model ne permet pas de prestations récurrentes avec un même client.
  • Des tas d’études spéculent à l’envi sur les prévisions des taux d’équipement d’ici les 10 prochaines années. Ce qui signifie que personne n’a une idée réaliste de l’avenir de ce marché et qu’on attend le messie qui nous dira si ca vaut le coup d’investir dedans.
    ce qui est sur c’est que ces études nous disent ce qu’on veut entendre afin de pouvoir donner du poids à nos promesses auprès de nos propres investisseurs.
    Du bullshit à tous les étages.

Le marché IoT est compliqué

  • Les grands groupes

leur profil : sont des innovateurs par la quantité, ils ont les moyens de sortir de des objets fréquemment, ont déjà une grande communauté, peuvent se louper sans y laisser leur peau, ont une énorme force de frappe, pratiquent le mass media et ça ne dérange personne. Ils n’ont pas besoin de nous pour tester des objets. Leur image de marque suffit à vendre. On attend d’eux de sortir les prochaines tendances.

leur rapport au test : S’ils ont lieu de faire tester des objets ils passeront par des magasins de test Lick mais pas par un process industriel (phase de commercialisation)

Fred Potter de Netatmo disait avec un juste mépris que les objets connectés vont se vendre comme des petits pains, car c’est la force du geek : il saute compulsivement sur tout ce qui est nouveau. Pourquoi lui proposer de test un objet alors qu’il va se ruer dessus de toutes façon. C’est joué d’avance, donc pourquoi payer une campagne de test alors qu’on est convaincu de vendre

  • Les PME sont des innovateurs de qualité, sortent 1 objet par an, voire 2 pour certaines, ont un budget très limité et chacun fonctionne avec un cycle produit différent
  • Peu d’entreprises accepteront de faire tester leurs objets à quelques semaines de la sortie commerciale. En pré-commercialisation il est souvent trop tard pour faire machine arrière.

Finalement Sainthomas s’adresse :

  1. à des entreprise un peu grandes mais pas trop,
  2. qui ont un budget suffisant pour acheter une campagne de teste
  3. mais n’ont pas encore les moyens de se passer de nous,
  4. qui comprennent l’intérêt du crowd-testing
  5. qui ont des produits en phase de pré-commercialisation
  6. qui peuvent rollback dans cette phase de préco en fonction des résultats
  7. qui acceptent et considèrent les critiques consommateur

Gestion d’entreprise

  • Je ne me vois pas du tout faire de la gestion d’entreprise au quotidien : les contacts partenaires, l’administratif, le projet de recherche, gérer une équipe, gérer la RH
  • J’ai une aversion totale pour la paperasse : je n’y comprend rien ni n’ai envie de comprendre, ca me fait dévier de mon objectif, c’est fait pour perdre du temps et occuper des fontionnaires. Ca m’insupporte au possible.
  • Je ne vois pas du tout vivre dans le stress du devops qui gère les serveurs, les stats, du monitoring, les crash
  • Je ne sais clairement pas, du moins à l’heure actuelle, travailler en équipe. Pendant des année j’ai eu l’habitude travailler sur des projets qui nécessitent pas une armée de développeurs. J’ai ainsi appris à travailler seul ou en binôme à temps partiel, et à me démmerder tout seul.
  • Je déteste qu’on soit derrière moi à surveiller ce que je fais, de rendre des comptes, l’organisation/planification au millimètre. Pour autant je je suis très secret et évasif sur mes travaux.
  • Trouver ma place dans un groupe c’est très éprouvant pour moi psychologiquement.
  • Je suis définitivement quelqu’un de solitaire, très indépendant, j’aime naviguer comme je l’entend.

Apprentissage de soi

Je me lasse rapidement

Je l’avoue aujourd’hui : je ne m’imaginais pas embarquer sur le navire Sainthomas pour les 5 prochaines années. 5 ans ça me parait une éternité.
Pensez donc : depuis que j’ai commencé dans la vie active j’ai jamais réussi à tenir en place plus de 2 ans dans la même entreprise. Ya rien à faire je finis par me lasser !
C’est toujours le même cycle : je découvre, je prend confiance, je maîtrise, je me lasse, je pars chercher de l’air ailleurs; et ça fait 10 ans que ça dure.

Lanceur de concepts

Non en vérité le schema était clair au fond de moi mais je ne voulais pas me l’avouer :
je suis un lanceur de concept : je bosse les bases d’un concept, je trouve un associé, on blinde le concept ensemble, puis à mesure que ca prend forme je me retire en douceur.

Idéaliste rêveur

C’est pas moi qui le dit c’est ce test de Ipersonic
Pourquoi ?  parce que ce qui me plait c’est pas de gérer une entreprise.

Ce que j ‘ai fini par comprendre c’est que je suis hypersensible, créatif, empathique.
Ce qui me passionne c’est d’observer le monde, faire jaillir des idées, poser les bases d’un projet, rêver, brainstormer, extrapoler, changer le monde, sentir la fougue.

Le reste ne m’intéresse pas mais alors pas du tout: la course aux dossiers de subventions, les documents financiers, les investisseurs, la réunionite, les discours bullshit, le suivi de projet, que toute action n’a de valeur qui si elle permet de « faire de l’argent » sinon elle ne vaut rien. Tout cela est de la perte de temps.
Comme le dit l’adage : « le génie contrôle le chaos ».

Mon rapport à l’argent

Je pense que je trouve l’argent malpropre, toxique, inhumain, superficiel.
Au nom de l’argent on est prêt à faire avaler des couleuvres à nos chers acheteurs.
Profesionellement je veux me placer au service de l’homme, mais pas de l’argent.
Je ne veux pas être le serviteur de l’argent, et lui vendre mon âme pour le nourrir.

J’ai besoin de gagner de l’argent pour vivre, c’est un fait inéluctable, suffisamment pour bien vivre, mais je n’ai pas envie de faire de l’argent.
Prenez l’exemple d’un psy ou un prof : il gagne de l’argent en contrepartie du métier qu’il exerce, mais son métier ce n’est pas de faire de l’argent, il a un but humanisme : le premier aide les gens psychologiquement blessé e le seconde enseigne la connaissance aux jeunes.

Ce que j’arrive à comprendre désormais c’est que je suis un créatif. Je déborde d’idées.
J’observe, imagine, invente des concepts, brainstorme, rêve de changer les choses,
rédige des documents qui décrivent des projets et extrapole les features, etc…
J’ai envie de monter des tas de projets en parallèle sans forcément monter et gérer une entreprise. Je sais qu’en montant une entreprise je serai obligé de pervertir l’idée de départ pour que ca colle avec un business model.
Je préfère amorcer un projet, trouver quelqu’un pour manager l’entreprise, suivre de loin l’évolution, puis amorcer un autre projet, etc…
« Si ca fait de l’argent ca sert à rien, on fait pas » : combien de fois j’ai entendu cette phrase insupportable.

Le revers de la médaille

C’est agréable pour l’ego de se savoir entrepreneur, écrire son aventure professionnelle, gérer ses propres horaires, développer un concept, être son propre patron, espérer gagner plein d’argent, etc…

Les sacrifices à accepter (ou pas)

  • c’est un job de célibataire sans « contrainte » qui n’ont pas à jongler avec une vie de famille, avec des enfants en bas-âge.
  • dès le moment où on est parent on vous invite à dégager parque un papa c’est pas dispo fulltime donc c’est gênant.
  • Un startuper célibataire a le choix de se dire « j’ai que ca a foutre de m’occuper de mon entreprise ».  Moi j’ai beaucoup d’autres choses à foutre que la valeur travail.
  • L’esprit d’une startup consiste à se dédier à 300% à l’entreprise, fondateur ou salarié même tarif, pas de femme, pas d’enfant.
  • le piège des horaire : la liberté est un leurre. Il faut être dispo à toute heure.
    Difficile de caser une vie de famillle dans tout ça: les jeux, les soins, le bain, l’école, les rendez-vous
  • il faut prendre des risques/engagements financiers importants
  • bosser pour un business qui ne prendra surement pas
  • ne plus voir sa femme, ne pas voir grandir ses enfants, zapper des moments précieux
  • plus le temps pour les loisirs sauf 1 seul : l’entreprise
  • l’entreprise devient le membre N+1 de la famille et encombre 90% de l’esprit
  • quand on a l’esprit bouffé par l’entreprise, notre corps est là mais l’esprit est absent
  • plus le temps pour les amis sauf les plus proches : le(s) associé(s)
    pas de bol mes amis n’ont jamais été mes collègues de travail !

Mon choix

J’ai mis du temps avant de comprendre la philosophie sous-jacente du travail en startup. Suite à cela, j’ai décidé de stoppper les dégats pour les raisons suivantes :

  • J’ai déjà un crédit immobilier sur le dos, je ne veux pas m’endetter encore plus pour une entreprise hasardeuse
  • Mes associés m’ont bien fait comprendre que j’étais de trop, qu’il fallait que je dégage rapidement car je gênais. Ils ont fait en sorte de me faire peur (« tu sais dans quoi tu t’engages ? ») pour que je comprenne bien que je pourrais pas suivre. Je refuse de poursuivre l’aventure dans une telle ambiance. Marche ou crêve très peu pour moi.
  • Il y en a pour qui c’est l’humain avant tout, et d’autres pour qui c’est l’argent avant tout.
    Même si leur discours fait croire le contraire. J’ai réussi à faire mon choix et je suis heureux de l’assumer.
  • Dans l’absolu je pourrai continuer, surfer sur la vague IoT, faire croire au consommateur que son avis vaut de l’or, qu’il a raison de consommer IoT, que c’est pas des gadgets, que les entreprise doivent se soumettre à la voix du peuple. Peut-être que ca va cartonner. Mais non tout ca résonne comme un gros bullshit emballé dans du papier de soie. Ca va à l’encontre de ce que je suis profondément.
  • Je ne voulais plus entendre parler de Nieme geek / gamer / technophile pour composer la communauté.
  • Quand une activité aussi prenante n’a plus de sens, de résonance, que le travail devient une occupation artificielle alors il est temps d’arrêter et de passer à autre chose.
  • Je veux que ma famillle vive bien, avec un niveau de contraintes raisonnable
  • Il y a un cap de responsabilités métier que je ne veux pas franchir, sinon je vis plus.
  • J’ai passé trop de journée de 15 heures, trop de jonglé entre vie pro et vie perso, à courir après du temps qui défile trop vite.
  • J’ai été trop souvent absent mentalement, vécu à côté de mes enfants sans profiter de leur présence, sans être avec eux.
  • avec l’arrivée de mon 2e fils Eliott, ya eu de gros bouleversement dans ma tête. J’ai fait naturellement le tri de ce qui est important dans ma vie. Il n’y a pas que ma famille bien évidemment, mais les contraintes de l’entreprise n’en valaient pas la chandelle.
  • Pour monter des projets j’ai besoin de me sentir libre. Du moment où Sainthomas est devenu un projet d’entreprise avec la nécessité de faire de l’argent pour en vivre, le ciel s’est assombri, tout est devenu si contraignant.
  • Il y a des années lumières qui séparent le montage d’un projet -passion et le montage d’un projet-business

La suite

2 mois après ma rupture d’avec Sainthomas (non encore officielle), je me dis pourquoi pas…

  • revenir sur le projet initial Showroomers et l’opensourcer
  • retrouver un job de développeur web (mais pas en startup !)
  • ou m’orienter vers un autre métier via un bilan de compétences
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s