« Ca c’est de la musique »

Depuis plusieurs années je faisais un rejet de la musique djeuns : Rap, RnB, electro;
Bref tout ce qui est music business depuis 10 ans.

Oui j’étai ado dans les années 90’s, une époque prodigieuse qui fit la part belle au bon gros rock anglais et californien. C’était fun, juste fun. Du son, des potes et de l’insouciante. On s’en foutait royalement des paroles pourvu que ca chantait bien. C’étati du rock rebelle.
Pas de ces groupes maquillés qui feignent une rebellion marketing à peine déguisée;
Qu’est ce que j’ai aimé ce temps là.

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Alors pourquoi est-ce que je rejette tant cette musique des années « 2010 ». Je ne pense pas que ca soit lié au fait que je n’étais pas ado. C’est pas un problème d’identification.
C’est un problème de valeurs.

Quand j’étais dans mon monde musical, on allait chez acheter nos CD à la Fnac, on écoutait la musique sur notre chaine stereo dans le salon ou dans la chambre, avec nos potes. Pendant des heures.  On se rendait à leurs concerts. C’était cool.
Ce dont on rêvait : passer pro (vivre de notre musique), gagner assez pour en vivre, faire des tournées dans le monde entier, être connus pour serrer plus facilement des nanas, pouvoir se payer du meilleur matos.

Etre adulé par le public ou avoir 50.000 followers ? perso j’ai jamais eu le besoin ou l’envie d’etre célèbre, d’être une Star. Ca m’a jamais intéressé.
En revanche être reconnu pour ma musique, pour ce que je crée, ah ca oui !
Quant aux followers, Tweeter heureusement n’existait pas ni les téléphones portables.
S’il avait existe comme tous ces formidables réseaux sociaux, ca aurait sans doute complètement biaisé notre rapport à la musique : l’obsession de l’audience, vissé au community management, bref comme une entreprise et sa quête d’e-reputation.

Un peu commme….

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Les groupes de l’époque apportaient du gros son, une composition soignée, un folklore, des tenues, un décor, une thématique, de l’énergie animale et de la sueur…beaucoup de sueur ! Jamais les groupes ne parlaient d’argent ou ne montraient leurs liasses de billet.
C’est du rock bordel, on est pas capitaliste, rangez moi ces billets que je ne saurais voir !
Du fric pour vivre oui, mais vivre pour le fric non !
On ne parlait jamais de records de ventes ou de taille de fanbase. L’argent servait à payer le matos, le salaire des musiciens, les frais d’albums et les tournées.

Music Business & produit

Aujourd’hui de ma perception d’adulte, et me^me si j’essaie de ne pas tomber dans les affres de la généralisation, la musique music a tout englouti. Elle s’assume à grands coups de buzz, d’interview de stars bankable sur fond de brandwalls, un peu comme ca :

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From booker to digital agency

Les artistes sont devenus des produits à vendre.
Ils ne cherchent pas à composer, seulement à produire ce qui colle aux sonorités trendy.
Les agences de communication qui gèrent leurs carrières se servent des réseaux sociaux pour alimenter à la course aux followers et à qui a le plus gros matelas de billets.
En outre le rôle du manager a pivoté : auparavant un groupe s’adjoignait les services d’un « manager » ou d’un « booker », aujourd’hui ce sont des agences de comm.
La différence dans le fond comme dans la forme est abyssale.

On n’oppose plus Pink Floyd VS Pixies pour la meilleure composition, on oppose les fanbases de Rihanna VS Beyoncé pour booster les ventes de leur idôles.
Peu importe que la musique soit bonne pourvu qu’ils achètent en masse.
Les stars doivent à leur tour remuer la communauté via le buzz, sourire ultra-bright, poses nues & lascives

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Oui je suis un vieux con de 34 ans nostalgique de mon époque qui avait plus de sens :

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Ce qui n’arrange rien, c’est que la musique matérielle existe de moins en moins, trustée par l’écoute en streaming sur Internet.
L’accès à la musique devient de plus en plus privatisée.
Pourvu que la plateforme à laquelle je suis abonné propose ce veil album non mainstream, ou le nouvel album de cet artiste indépendant. Sinon c’est mort à moins que l’artiste en question fasse un minimum de promo sur son site web avec écoute gratuite et auto-distribution.

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Moyens de l’époque

« De mon temps », si le disque était pas à la Fnac, on écumait les disquaires ou bien on finissait toujours pas trouver un pote d’un pote d’un pote qui pouvait nous le copier, ou bien au petit bonheur la chance d’un magazine + CD chez le marchand de journauc du coin.

Plus tard évidemment, vers 2003 Internet par ADSL est apparu et on a découvert les joies du peer to peer audio avec AudioGalaxy.

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Appels

Bref j’encourage les artistes indépendants à nous faire vibrer avec leur univers personnel, à enrichir le paysage sonore avec leur originalité.
Qu’ils n’hésitent pas également à nous titiller / perturber/ contrarier avec des sons, des ambiances, des univers qui sortent de l’ordinaire .
Je ne parle pas de lutter, mais de continuer à vous exprimer.
Pouvoir en vivre ou pas est un autre débat. Je parle ici d’expressivité.
En tant que musicien et mélomane j’adore être surpris.

En tant que musicien

Personnellement en tant que compositeur piano je lutte en mon fort intérieur pour m’éloigner des gammes trop lisses (merci encore le marketing et sa musique qui doit « plaire »).
J’aime bien quand ca grince, quand l’auditeur commence à faire des grimaces. Ca le dérange mais il continue d’écouter car ca éveille chez lui une autre forme de curiosité.
Et puis parfois je me laisse aller vers des mélodies plus « mainstream ».
C’est pas une trahison non plus, tant que je me sens de ma propre authenticité.

Je me souviens toujours de cette époque, il ya 16 ans environ, de mon premier piano : je composais des trames qui ne respectaient pas les gammes officielles. J’étais autodidacte, j’avais le droit !
Peu de gens appréciaient le rendu et moi je m’en fichais totalement : ca sonnait pas juste, ca sonnait comme j’aimais. Ca favorisait pas le partage musical, mais ca me permettait d’exposer mes convictions musicales.
Selon eux il fallait que ca suive les gammes pour être harmonieux. Pas d’harmonie – pas bien. Ok mais moi je voulais tordre les notes, aller chercher la où ca gêne.
Et j’aimais beaucoup cette indépendance créative, j’en étais fier.

Beaucoup de gens que j’ai croisé confondent la plastique et son appréciation  :  il faut que ca soit beau, il faut que ca soit harmonieux pour être « bien ».
A l’inverse, une musique, un tableau, une sculpture : si ca « sonne » disgracieux, c’est mal. faut pas écouter, à dégager.
Au contre dès le moment où c’est disgracieux, l’art commence à émettre un message !

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2 commentaires sur « « Ca c’est de la musique » »

  1. Merci pour ton article ! Un constat évident que les temps artistiques ont changés, mais malgré ça je pense que la création se porte bien, et les des artistes indépendants prennent le relais !! J’ai créé un blog justement pour montrer l’envers du décor d’un projet artistique en indépendant, en l’occurrence le mien 🙂 Mon dernier article porte justement (entre autre) sur le streaming et le choix de se retrouver perdu autour de million de titre. j’te souhaite une bonne journée. Julian

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