Ce que le VTT m'a appris

J’ai acheté un VTT il y a 2 ans. Je n’en faisais jamais car la potence était trop basse et les pneus mous. Je promettais d’aller au magasin de velo pour remettre mon VTT en état mais je ne le faisais jamais.

Jusqu’à ce qu’un jour où j’avais du temps libre j’ai simplement décidé d’y aller. Je me suis lancé.
Peu après mon beau-père m’a proposé d’aller faire un tour de velo dans les sous-bois qui ornent la ville.
J’ai accepté me disant « on verra bien » sachant que mon beau-père n’est pas quelqu’un qui en met plein la vue. Il a un très bon état d’esprit.

On a fait une première session avec lui et mon beau-frère de 20 ans.
Ca a été juste génial. Je ne connaissais pas le 10e des sentiers qu’on a emprunté.
Des beaux paysages, de la vitesse, des chemins, des racines, des cailloux, des côtes, des pentes, de la rivière, des cheins escarpés. Un formidable cocktail.
J’ai aussi failli dégringoler de mon velo et atterrir dans un pierrier.

Malheureusement je n’avais pris ni barre céréales ni de camelback donc je me trouvé éreinté en fin de parcours. Je pensais pas que le chemin serait si long. Et puis il faisait chaud, très chaud. Je suis tombé en hypoglycémie.
Le dernier morceau pour atteindre notre point de départ a été arrassant, mais je garde surtout un très bon souvenir de cette session de velo.
C’est la différence de taille avec mon rapport au sport d’avant : je retiens le plaisir du sport, les moments de douleurs s’évaporent.

Aujourd’hui j’ai fait ma 2e session avec Claude. On a parcourru des sous-bois assez techniques. Du moins pour mon faible niveau.
Chemins escarpés, grosses racines, trous, biseaux, rives du Lez.

C’était technique et j’ai beaucoup appris ;

1. faire abstraction du velo : j’avais le réflexe de vouloir guider mon velo.
Alors qu’il s’agit de l’inverse : le cerveau doit savoir où il veut aller et le velo suit. C’est un peu de la magie.
Il faut regarder devant soi, et ce qui se passe devant les roues.
Je peux ainsi mieux anticiper la trajectoire, les obstacles.
Au lieu de subir le terrain, je m’adapte à celui-ci, je gère les contraintes et retrouve le plaisir.

2. apprendre à lâcher le contrôle : décrisper les mains et les bras, ne pas sortir le pied de la pédale pour composer l’équilibre ou résister à un obstacle.

3. Ne pas saturer mon mental avec de la peur du relief : je me disais inlassablement dans ma tête : « mon dieu c’est serré les pneus vont taper les bords, je vais le retrouver dans le décor où m’écorcher un genou, si je prend ce trou je vais faire un soleil, cette bosse c’est le gadin assuré, je vas tomber sur le coté et plonger dans la rivière. »
Je ne laissais aucun répit à mon mental. Subir et appréhender c’est tout ce que je faisais.

C’est étonnant mais j’ai la conviction d’apprendre à mieux vivre en apprenant le vélo !
et j’ai un très bon prof.